Vins volcaniques : à la découverte de Santorin

Vins volcaniques : à la découverte de Santorin

Vous connaissez Santorin, cette petite île grecque célèbre pour ses ravissantes maisons blanches aux volets bleus dominant la mer. Mais saviez-vous que ce volcan apaisé avait été le théâtre d’une éruption aussi extraordinaire que destructrice en 1620 avant JC ? Et surtout qu’il abritait une tradition viticole elle-aussi très ancienne ?

Un joyau millénaire

Car cette île des Cyclades, devenue une destination touristique privilégiée, possède un vignoble millénaire. C’est grâce à un vin liquoreux qu’elle a atteint une certaine notoriété, le Vinsanto, qui signifie littéralement Vin de Santorin. Ce dernier est obtenu par la technique du passerillage qui consiste à faire sécher les raisins au soleil pour concentrer les sucres. Transporté en amphore par les marchands vénitiens, il a conquis peu à peu toute la Méditerranée. Il était alors très apprécié de la noblesse, mais également du clergé qui l’utilisait comme vin de messe. S’il reste le joyau viticole de l’île, il a été rejoint depuis par d’autres crus intéressants qui comptent parmi les meilleurs vins grecs.

Des conditions climatiques difficiles

Ses 1200 hectares de vignoble ne réunissent que des plants francs de pied car le phylloxéra ne s’est pas installé ici. La raison ? Un terroir exceptionnel qui se compose d’une impressionnante nappe de pierre ponce. Cependant, son climat ne la destinait pas à développer la vigne. Très sec, presque désertique, il est caractérisé par des vents violents qui projettent la cendre volcanique. Il a donc fallu imaginer une technique de taille adaptée : la taille en corbeille ou kouloura. Les ceps sont courbés au ras du sol et leur croissance est guidée en arc de cercle, formant une couronne. Ainsi, les grappes se développent à l’intérieur et sont protégées.

Cette méthode a été adoptée par tous les viticulteurs de l’île. Santorin a conservé sa culture familiale et artisanale, faite de petites propriétés aux parcelles éclatées. Un patrimoine précieux que la coopérative de l’île a à cœur de préserver. Afin qu’ils ne vendent pas leurs terres aux promoteurs immobiliers désireux de spéculer, elle fixe des prix planchers pour le raisin et garantit leur achat. Elle englobe aujourd’hui 60% de la production.

Réservé aux cépages autochtones

Autre particularité de Santorin, l’interdiction de planter des cépages importés. Ici, seules les variétés autochtones sont autorisées et elles ont leur propre conservatoire. On en trouve plus d’une vingtaine, mais certaines se démarquent particulièrement. C’est le cas de l’Assyrtiko, cépage blanc le plus connu de Grèce et réputé pour son acidité marquée. Il offre des vins de caractère emplis de fraîcheur et au beau potentiel de garde. Il n’est pas rare de le voir accompagné de l’Athiri qui apporte du fruité à l’assemblage. Toujours en blanc, l’Aidini et ses notes légèrement muscatées amènent du relief.

Les rouges ne représentent que 5% de l’encépagement mais méritent tout de même que l’on s’intéresse à eux. Le Mavrotragano, que l’on traduit par noir et croquant, partage tanins soyeux, fruits compotés et fragrances animales. Passé près de l’extinction, il est présent uniquement à Santorin, à l’instar du floral Voudomato. Enfin, le Mandilaria est employé en assemblage pour ses petits fruits rouges. Tous contribuent aux trois AOP - Santorini, Nykteri et Vinsanto - et quelques IGP de l’île. Dénichez-en donc quelques cuvées et profitez d’une dégustation unique.

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